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Au soleil noir des multitudes
J'oppose les lacs souverains
Ici et là sourdes rigoles
Jaillissent en torrents noués

Les pêcheurs remontent filets
Rare poisson, visages dépeuplés
Monte la mer morte
Reculent villages, maisons, plage saumâtre

Aux temps neufs marécages
Temps abstraits sans mécanique
Il nous faut aller et tenter de vivre
Ouvrir une plaine de feu

Il se trouvera un pont,
Là, bientôt, un pont à traverser
D'une rive à l'autre,
D'une misère à l'autre

Tu traverseras ce pont
Par delà les hurlements de flots
D'un orient à l'autre.
Nous serons enfin debouts

Océan déchu, terre voilée...

Vois, vois s'élever...

Les ânes sauvages poursuivent leur route
Et le soleil les accompagne
Ils semblent seuls connaître le chemin
Ne s'égarer jamais, presque... (là, l'éboulis !)